Pour Mohamed Dridi, le Toulon-Biarritz de samedi n’aura rien d’un match comme les autres. « Je suis né à moins qu’un kilomètre de Mayol et, professionnellement, je me suis révélé dans ce stade, confie le troisième ligne du BO sur le site officiel du club basque. Cela va me faire bizarre de revoir la pelouse, les gens que j'aime comme ma famille ou mes amis qui seront tous dans les tribunes. Mais l'objectif, c'est la gagne. » Huitième à plus du tiers du championnat, le Biarritz olympique n’a plus le temps de traîner en route. Sous peine de rapidement voir s’envoler ses rêves de demi-finale du Top 14 pour la deuxième année de suite.
« Je vais mettre l’affectif de côté et je ne pense pas être perturbé, assure Dridi. J’aime Toulon, j’en suis un fervent supporter mais, samedi, je ne serai pas spectateur. Je serai acteur. Aujourd’hui, je porte un maillot rouge et blanc, par rouge et noir. En plus, l’équipe en face a été pas mal remaniée depuis mon départ et je ne connais plus que deux ou trois joueurs. Je n’aurai donc pas d’état d’âme. » D’autant que, comme son club, Mohamed Dridi n’a plus de temps à perdre. Opéré à une épaule l’an passé et victime d’une blessure au mollet lors de la préparation estivale, sa vie de rugbyman s’est réduite à la portion congrue depuis plus d’un an. Jusqu’au match perdu le week-end dernier face à Perpignan.
« Ça faisait 17 mois que je n’avais pas porté le maillot du BO en tant que titulaire, souffle-t-il. C’est vrai qu’il y avait une excitation particulière dans le bus, les vestiaires…Plein de choses me semblaient assez lointaines mais je suis rentré sans complexe. Je cherche encore mes repères sur le terrain, notamment offensivement. Il faut encore que j’enlève ce frein à main. » Quelle plus belle occasion pour renaître qu’une rencontre dans son ancienne maison ? « Mais le contexte sera vraiment difficile, prévoit Dridi. On a absolument besoin de points pour raccrocher les quatre premières places et eux pour se maintenir. Ça va se jouer sur l’envie. Tel que je connais l’environnement, ce sera très dur et on s’y prépare. » Lui peut-être un peu plus que les autres.