Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Avec 20 points et un remarquable huit sur huit au pied, Matt Giteau avait été l’un des grands artisans de la victoire de l’Australie face à la France (40-10) le 5 juillet dernier pour le plus large succès de l’histoire des Wallabies face aux Bleus. Déjà à son avantage une semaine plus tôt lors du premier test remporté 34 à 13 à Sydney, l'ouvreur de la Western Force (25 ans, 1,78 m, 85kg) avait éclaboussé de toute sa classe la rencontre à Brisbane. Parfait au pied donc, il avait d’abord été décisif sur l’essai de Hynes (8eme) avec une sublime diagonale. La suite avait été du même acabit avec un travail tout aussi parfait, balle en main cette fois, pour l’essai d'Horwill. Crédité par tous les observateurs de la meilleure note, le demi d’ouverture australien avait fait taire les sceptiques. Et ainsi chasser l’ombre de Stephen Larkham.
« Il est de la trempe des Carter et Hernandez, dit aujourd’hui son homologue français David Skrela. Il fait très bien jouer son équipe tout en étant capable d’exploits individuels pour traverser les défenses. On l’a bien vu pendant les Tri-Nations. C’est un très grand joueur de rugby. » Un avis déjà partagé cet été par le Sud-Africain Butch James. « Vous devez faire appel à vos partenaires pour gérer un tel joueur, c'est vraiment difficile. C'est vraiment un bon joueur et un sacré petit bonhomme. Vous vous devez de garder sans cesse un œil sur lui en attaque et en défense, il fait mieux que tenir sa place. Il sait quand prendre l'espace, il sait quand taper au pied et sa capacité de décision est pleine d'à propos. »
Pièce maitresse d’une équipe australienne en regain de forme depuis l’arrivée du Néo-Zélandais Robbie Deans, Matt Giteau est le véritable métronome des Wallabies. Fort de ses 64 sélections depuis 2002, ce joueur de 26 ans est aujourd’hui au sommet de son art. « « Il occupe le terrain très intelligemment avec son jeu au pied, reconnaît Marc Lièvremont après l’avoir vu à l’œuvre par deux fois cet été. Il faudra prendre l'ascendant devant pour que Giteau joue le moins possible dans un fauteuil samedi. » Même méfiance de la part de Sébastien Chabal qui tentera de lui gâcher sa soirée au Stade de France. « Nous devrons bien le cadenasser avec un troisième ligne toujours sur son dos. » « Caveman » ne sera pas de trop.