La tête au Tri-Nations. C’est en pensant à une compétition que l’Australie n’a plus remportée depuis 2001 que Robbie Deans prépare le deuxième test-match face à la France. Pour son troisième match à la tête des Wallabies, l’entraîneur néo-zélandais devra s’appuyer sur des certitudes et un jeu parfois à la peine lors du premier match face aux Français, samedi dernier. Si la tournée des jeunes Bleus n’intéresse pas vraiment le monde de l’ovalie australien (faible affluence à Sydney et peu d’articles consacrés au sujet dans les journaux locaux), des enseignements sont tout de même à tirer pour un collectif qui sera ramené à trente joueurs lundi, avec l’annonce de la sélection pour le Tri-Nations. Après un premier acte timoré, les Wallabies ont profité du vent nouveau insufflé par les entrées convaincantes d’Ashley-Cooper et Waugh notamment pour prendre la mesure d’une équipe de France décomplexée.
Afin d’effectuer une revue de ses troupes, le sélectionneur néo-zélandais a décidé d’effectuer quatre changements dans son quinze de départ qui se présentera à Brisbane. Ashley-Cooper sera donc aligné à l’arrière à la place de Cameron Sheperd, relégué sur le banc. Le joueur des ACT Brumbies profite à plein de ses capacités à l’aile et à l’arrière pour s’offrir une place méritée avec les Wallabies. Dans un système où la polyvalence joue à plein, Ashley-Cooper fait partie de ces bonnes surprises de ce premier match qui devront confirmer samedi prochain. Au même titre que le troisième ligne aile Phil Waugh, imposant en seconde période et qui relègue George Smith sur le banc. Au rayon des nouveautés, Lachlan Turner honorera à 21 ans sa première sélection avec les Wallabies à l’aile. Une sélection consécutive à la blessure à un genou de Lote Tuqiri.
Egalement touché face à la France, le troisième ligne Wycliff Palu laisse sa place à Stephen Hoiles au centre. Quatre changements australiens contre sept côté français… Robbie Deans possède déjà quelques certitudes à deux semaines de ses débuts dans le tournoi face à l’Afrique du Sud (19 juillet). Comme celle d’associer jeunes et anciens avec, pour exemple, la charnière Giteau-Burgess. Une philosophie proche de celle incarnée par Marc Lièvremont. « Notre jeu au pied, notamment l'occupation, fut pauvre, résume Deans. Nous sommes conscients de devoir nous améliorer. Sans ça, nous ne battrons pas la France. » Le premier entraîneur étranger des Wallabies s’attend à une rébellion et à une opposition coriace, idéale avant de rencontrer les deux autres nations majeures de l’hémisphère sud. « Leurs vacances approchant, les Français voudront finir la saison et la tournée sur une bonne note, redoute Deans. Je m'attends à beaucoup de passion et d'efforts de leur part. » Les jeunes Français se présentent comme le révélateur idéal. Une victoire à Brisbane plongerait les Wallabies dans le doute et mettrait fin à 18 ans de disette en terre australienne.