De notre envoyé spécial à Montauban,
Laurent Labit, que vous a-t-il manqué pour vous imposer contre Clermont (19-24) dimanche ?
Nous avons réalisé une très mauvaise entame de match. Nous avons été approximatifs, pas assez précis. A ce niveau de la compétition, cela ne pardonne pas. Nous avons cafouillé dès le coup d’envoi. On perd une touche alors que les Clermontois n’ont même pas de contre. Et juste derrière, on prend un essai.
Vous avez ensuite relevé la tête…
Oui, nous avons ensuite refait surface un petit peu. On a senti que nous pouvions les mettre en difficulté. On le savait. Une fois que nous avons repris le score, il nous a manqué à nouveau, peut-être, de l’expérience et la lucidité pour pouvoir gagner le match.
Comme face au Munster (19-17), vous perdez d’un rien cette rencontre…
Oui, on a le niveau. Il y a huit jours, tout le monde se demandait ce que l’on faisait là. Aujourd’hui, on voit que l’on peut participer à cette compétition et rivaliser avec les meilleurs. Mais ce sont deux matchs complètement différents. Au Munster, nous avons eu beaucoup de courage mais nous avons défendu pendant 80 minutes. Contre Clermont, nous avons produit des choses intéressantes et nous aurions pu gagner le match si nous avions mieux utilisé certains ballons.
C'est-à-dire ?
Au lieu de rendre des ballons au pied, nous aurions pu les mettre encore plus sous pression en fin de première période. Nous aurions dû aussi essayer de ne pas commettre toutes ces fautes en fin de match. Nous avons été notamment pas mal pénalisés dans le jeu au sol.
« Continuer à faire notre boulot »
La suite de la H Cup vous servira-t-elle surtout à prendre du plaisir et à continuer votre apprentissage ?
Bien entendu. Notre objectif dans cette Coupe d’Europe, surtout dans cette poule, était d’acquérir de l’expérience et de faire progresser nos joueurs individuellement et collectivement pour l’appliquer dans le championnat. Après deux gros matchs, nous allons voir si nous sommes capables de continuer sur le même rythme en championnat avec un autre match contre Clermont ce week-end. Ce sera difficile mais nous irons avec les mêmes objectifs que dimanche, à savoir prendre de un à quatre points.
La crise que traverse actuellement le club pèse-t-elle sur les épaules de vos joueurs ?
Si je veux me rassurer, je vais répondre non. Mais logiquement, je vais dire que oui. Ça fait quelques semaines, voire quelques mois, que nous sommes livrés à nous-mêmes. On s’est recentré uniquement sur le sportif. C’est sûr que nous ne sommes pas aidés par une partie du club, la municipalité et le conseil général. Mais c’est comme ça. Sportivement, nous sommes au rendez-vous et nous espérons que la suite du club le sera aussi un jour.
Cette situation vous lasse-t-elle ?
C’est vrai que ça traine. A partir d’un moment, ça use. Nous avons du mal à faire désormais confiance à qui que ce soit. On va voir comment ça se passe mais ce qui est sûr, c’est que nous, joueurs et membres de l’encadrement, nous allons continuer à faire notre boulot.