« Perdre sans prendre d’essai, c’est bien, mais on a un peu mangé la feuille par notre faute. » Dans les travées du Liberty Stadium, le capitaine perpignanais Nicolas Mas, ronge son frein quelques minutes seulement après la défaite de son équipe chez les Ospreys (15-9). Lui, comme les autres, n’a qu’un mot à la bouche : frustration. Car, malgré une solide prestation d’ensemble, les Catalans n’ont pas réussi à ramener mieux que le point de bonus défensif. La faute à un arbitrage sévère qui a valu successivement à Planté (25eme), Pérez (33eme) et Vilaceca (72eme) d’écoper d’un carton jaune. Et si l’on ajoute à cela la blessure du jeune David Mélé, contraint de quitter ses partenaires dès la 13eme minute, et surtout un essai refusé à Vaki pour un en-avant avec Guiry à quelques secondes du coup de sifflet final, les Perpignanais ont de quoi être remontés.
Interrogé dans les colonnes de L’Indépendant sur la prestation de ses joueurs, Jacques Brunel oscille entre amertume et satisfaction. « C'est la frustration, dit-il une semaine après le laborieux succès contre Trévise. Frustration parce qu'on a déployé beaucoup d'énergie et qu'on n'a pas été payé de nos efforts, même si on prend un point. Frustration parce qu'on avait fait un effort sur les règles et le jeu au sol, et que manifestement on n'a pas dû tout comprendre, puisqu'on se retrouve avec trois cartons jaunes et au moins une quinzaine de pénalités contre nous. On a assisté à un arbitrage à sens unique. Il n'y avait pas le même traitement d'un côté et de l'autre. Frustration enfin d'avoir perdu un match qu'on pouvait gagner. » Car c’est vrai que malgré de nombreux coups du sort et les décisions à sens unique de l’arbitre anglais M.Barnes, l’USAP n’est pas passée loin d’un bel exploit.
En infériorité numérique durant trente minutes, Perpignan n’a jamais vraiment craqué. Au contraire. Si les Catalans avaient conclu au moins une de leurs trois grosses occasions, ils auraient pu rentrer avec les quatre points de la victoire. « On a joué une demi-heure à 14 et par moments à 13, reprend Brunel. Il a fallu déployer beaucoup d’énergie. Les garçons l’ont fait. Ils sont allés au-delà de leurs limites. Ils ont su se créer des situations dangereuses jusqu’à la fin. On aurait pu remporter cette rencontre. ». Nicolas Durand confirme : « Sur la physionomie du match, notre abnégation et notre courage, on aurait pu faire basculer le match. Personne ne pensait qu'on pouvait revenir avec le point de bonus et encore moins qu'on gagne ce match. C'est la confirmation de l'état d'esprit qui règne dans le vestiaire. »