Fabrice Landreau, comment jugez-vous cette victoire face aux Scarlets (37-15) ?
On savait que ce serait difficile. On a souffert en première période mais on a réussi à passer juste devant à la mi-temps. Il a vraiment fallu s’acharner en seconde période et aller chercher dans nos ressources pour l’emporter. Le point de bonus, obtenu en fin de match grâce à l’essai de Lionel Beauxis, nous libère complètement. On peut dire que c’est une journée bien remplie, mais nous avons vraiment beaucoup souffert.
Regrettez-vous les hauts et les bas dans le jeu de votre équipe ?
Au niveau du jeu, je ne sais pas. Nous sommes tombés sur une grosse opposition en première période. Les Scarlets ont su mettre la pression sur nos points faibles. On a voulu systématiquement les déborder mais nous avons eu du mal à tenir les ballons. Nous n’avons pas joué en équipe. Nous étions un peu trop dispersés. A la mi-temps, on a demandé aux joueurs de se retrouver et de jouer davantage dans l’axe face à cette équipe de Llanelli, qui était bien organisée, afin de donner la possibilité à nos trois-quarts de s’exprimer. C’est ce qui a bien fonctionné en deuxième mi-temps.
Quelle est actuellement la force principale du Stade Français ? La confiance ou le jeu ?
Les deux. Tous nos matchs à Jean-Bouin ont été difficiles que ce soit contre Mont-de-Marsan, Brive, Montauban et donc les Scarlets. Les premières mi-temps ont toujours été un peu compliquées avant qu’on ne se réveille en seconde période. Samedi, le rythme a été extrêmement élevé. La dimension était vraiment supérieure au match de la semaine dernière (ndlr : contre l’Ulster). Il y avait beaucoup de volume de jeu avec pas mal de courses et de contacts. Il a fallu aussi d’adapter à l’arbitrage qui était complètement différent de celui du week-end dernier.
Justement, qu’avez-vous pensé de l’arbitrage de M.Allen ?
Il a son interprétation. C’est sa façon d’être. La semaine dernière, M.Owens n’avait pas la même vision. Il faut avoir le temps de digérer les nouvelles règles, cela concerne tout le monde. On y verra plus clair lors du Tournoi des VI Nations. Ça va s’uniformiser un petit peu. Mais là, c’est vrai que ça nous perturbe pour le moment. Les arbitres français sont un peu plus sévères sur certaines phases. L’important est que tout cela n’ait pas porté préjudice au Stade Français, contrairement à ce qu’a vécu Biarritz à Gloucester.
« Toulouse ? Un autre chantier compliqué »
Votre équipe semble capable de s’adapter à toutes les situations. Qu’en pensez-vous ?
Ce qui est bien, c’est que nous n’avons pas fermé le jeu. On a essayé d’aller au bout de nos actions et de proposer du jeu. Nous avons fait beaucoup de relances aussi. On arrive vraiment à avoir un fonds de jeu cohérent. On s’est bien appuyé sur nos « franchisseurs », Sergio Parisse et Dimitri Szarzewski. Juan Martin Hernandez et Lionel Beauxis ont bien occupé le terrain. Brian Liebenberg a fait parler sa puissance et ses mains. On a vu aussi Stéphane Glas fort de son expérience. Nous sommes contents du collectif et de l’état d’esprit. C’est vraiment bien.
Pensez-vous que tout se jouera contre les Harlequins ?
On ne sait pas car tout peut changer en Coupe d’Europe. Le plus important est d’avoir gagné et pris le point de bonus qui pourrait peut-être nous servir par la suite. Les Harlequins nous avaient posé beaucoup de soucis l’an dernier. Notre objectif est maintenant le championnat et ce match contre Toulouse le week-end prochain. Ce sera un autre chantier compliqué. Nous mettrons l’équipe la plus compétitive possible. On ne peut pas se permettre de faire tourner. Il nous reste deux matchs très importants contre Toulouse et Clermont.
Quel sera le discours cette semaine ?
Quand vous jouez les champions de France et vice-champions d’Europe, le discours est tout trouvé. On va jouer contre la meilleure équipe française et qui aurait très bien pu être championne d’Europe. On a vu leur victoire à Glasgow vendredi. C’est toujours une démonstration. Ce sera un match très difficile et nous aurons toujours la même pression sur les épaules car c’est le Stade de France et le Stade Toulousain.
Propos recueillis par Romain Schindler