Bernard Lapasset est un homme heureux. Non seulement la Coupe du monde 2007 s’est achevée sans heurt, mais en plus, le président de la Fédération Française de rugby et du comité d’organisation de la Coupe du monde s’est félicité des bons résultats financiers affichés. « Nous avions un budget de 218 millions d’euros et nous avons tenu nos dépenses, embraye Etienne Thobois, le Directeur Général du Comité d'Organisation. Notre source est la billetterie et comme les taux de remplissage dépassent les 95%, j’imagine que nos bénéfices seront légèrement plus élevés que les 5,5 millions d’euros que nous devrions encaisser. Mais sachant que c’est sur les petits matchs que nous avons connu une hausse de la fréquentation, les résultats ne devraient pas être de beaucoup supérieurs à ce chiffre. » Un beau cadeau d’anniversaire pour Bernard Lapasset qui fêtait ses 60 ans samedi, au lendemain de son élection à la tête de l’IRB.
L’organe mondial du rugby salive également d’avance à l’idée d’encaisser les retombées de cette Coupe du monde. « La télévision a battu des records d’audience, les stades étaient pleins et il n’y a pas eu de problème de dopage, se félicite Syd Millar. Pour donner un exemple, la Coupe du monde de football génère un impact de 8 milliards d’euros sur quatre ans. Nous projetons un meilleur résultat pour le rugby. » Et quand il s’agit de rentrer dans le détail, le toujours président de l’IRB se lance timidement. « Il est encore un peu tôt pour en parler. Nous ne demandons pas les profits d’une entreprise le lendemain de ses ventes », continue l’Irlandais. Avant de poursuivre : « Nous nous attendons à un résultat brut d’environ 180 millions de livres (260 millions d’euros). Pour ce que est des bénéfices, il faut prévoir la moitié, soit 90 millions de livres. » Pas forcément étonnant quand on sait que le prix de la bière aux abords des stades était de 7€.
La question de la redistribution de ses gains n’a pas eu le temps d’être posée que Syd Millar précisait que cette manne irait en grande partie vers les pays qui cherchent à développer le rugby. Et de contrer ceux qui murmuraient que les îles du Pacifique ou même l’Argentine ne bénéficiaient pas assez d’aide : « ces pays, mais également la Roumanie et la Géorgie bénéficie déjà d’un apport substantiel. Nous allons tout faire en sorte pour que ce soit toujours le cas. Mais il faut arrêter avec ce mythe qui dit que nous ne les aidons pas. Nous sommes conscients qu’ils ont besoin d’aide et aujourd’hui ont voit les fruits de ce travail avec des pays comme les Fidji, le Tonga et même la Géorgie. Ça nous encourage à avance et continuer. Pour prouver sa bonne foi, Syd Millar a d’ailleurs précise que si l’IRB ne regardait que les profit : « la Nouvelle-Zélande n’aurait peut-être pas organisé la Coupe du monde 2011 ». La Coupe du monde a donc été une belle réussite. Sur tous les plans.