Souvenez-vous ce 24 février 2007. Ce jour là, l’Angleterre subit une de ses pires humiliations et quitte la pelouse de Croke Park la tête basse. Battus 43-13 par les Irlandais, les hommes de Brian Ashton qui dirige là son troisième match, semblent au fond du trou. La défaite contre le pays de Galles (27-18) trois semaines plus tard ne fait que confirmer la tendance. Et pourtant, huit mois plus tard, l’équipe d’Angleterre, que tous les observateurs, à commencer par la presse britannique, avait enterré, est bien de retour. Qualifiée pour la finale, elle a fait taire ses détracteurs et écrit une des plus belles pages de son histoire. « Avec lui, c’est aux joueurs de prendre les décisions sur le terrain, confie le capitaine Phil Vickery au sujet de son entraîneur. C’est bien que le coach laisse la confiance aux joueurs. On a là la possibilité de s’exprimer et d’un autre côté, on a les consignes. » Une liberté appréciée par les joueurs.
Du côté des instances, on félicite également le travail effectué par l’ancien demi de mêlée, arrivé à la tête de l’équipe le 20 décembre 2006 « Il a fait un boulot remarquable en faisant naviguer l’équipe du Tournoi des Six Nations à la tournée en Afrique du Sud, explique Rob Andrew. Il a démarré son processus de sélection pour la Coupe du monde, ensuite il a réduit son groupe de 30 à 22 le jour du match. Il a travaillé très dur et avec une pression digne de toutes celles qui touchent n’importe qu’elle équipe d’Angleterre » se félicite le patron du rugby anglais. Au final, si la mise en marche s’est avérée délicate avec une première prestation sans relief contre les Etats-Unis (victoire 28-18) et une correction reçue par les Sud-africains (36-0), ses hommes ont su relever la tête en s’imposant contre le Tonga et les Samoa dans deux matchs de poule décisifs et battre deux des meilleures nations du monde : l’Australie et la France.
« C'est la récompense d'un gros travail, concède l’intéressé. Depuis quatre matchs, nous disputons des véritables finales et ces deux dernières semaines ont été superbes. On finit mieux les rencontres que nous les débutons. Ça montre la force mentale de ce groupe, car battre le pays hôte dans son stade n'était pas facile. Il a fallu contrôler nos émotions sur le terrain. » C’est sans doute dans ce secteur qu’Ashton a apporté sa touche personnelle. Toujours détendu lors des points presse, souriant, plaisantant avec les journalistes anglais et étrangers, celui qui a porté les couleurs de Montferrand respire la joie de vivre. Il n’hésite jamais à échanger quelques mots hors micro pour partager ses points de vue. Surtout, il ne manque jamais de rendre hommage à ses hommes comme au soir de la qualification pour la finale. Et ces derniers le lui rendent bien.