Bryan Habana, comment voyez-vous la demi-finale contre l’Argentine, dimanche au Stade de France ?
Nous avons un travail à faire ce dimanche soir au Stade de France et nous avons 80 minutes pour montrer au monde que nous méritons d’aller en finale de la Coupe du monde de rugby.
Est-ce dangereux de ne pas avoir joué contre une des grosses nations du rugby mondial avant l’Argentine ?
Si nous avions joué l’Australie ou la Nouvelle-Zélande, cela aurait été de gros matchs. Mais nous avons quand même affronté l’Angleterre (ndlr : victoire 36-0). De toute façon, il n’y a pas de match facile. Toutes les rencontres que nous avons à disputer sont difficiles et nous nous devons d’être à 100%.
Que pensez-vous de votre nomination comme meilleur joueur de l’année ?
C’est vraiment un aboutissement mais nous avons un grand match contre l’Argentine ce week-end et cette nomination n’est pas ma principale préoccupation pour l’instant. Comme je l’ai dit au début du tournoi, cette compétition n’a pas de logique individuelle. L’important, ce sont les Springboks. Cette équipe représente la nation. Nous avons été capables de le faire ces six dernières semaines et j’espère que nous pourrons le faire encore pendant deux semaines.
Est-ce un objectif pour vous d’être le meilleur marqueur de la Coupe du monde ?
Oui. Remporter ce titre et être le meilleur joueur du monde est un de mes objectifs. Mais je dois apporter ma contribution à cette équipe. Si je suis bon, l’équipe ira loin dans ce Mondial. C’est exactement la même chose pour Percy Montgomery, en tête du nombre de points marqués. Tous les joueurs font de leur mieux pour pousser l’Afrique du Sud vers le haut. De mon côté, je veux être le meilleur marqueur mais je veux avant tout aider l’équipe.
« Clerc est l’un des joueurs de ce tournoi »
Qui sont vos principaux concurrents ?
Vincent Clerc (cinq essais) a réalisé de grandes choses avec l’équipe de France ces dernières semaines. Il y a toujours Drew Mitchell qui est en tête (sept essais) malgré l’élimination de l’Australie. Avant leur élimination, tous les ailiers néo-zélandais (Doug Howlett, Sitiveni Sivivatu et Joe Rokocoko) jouaient très bien. Mais nous savons ce que nous devons faire et nous nous préparons pour gagner tous les matchs.
Parlez-nous de Vincent Clerc…
C’est un très bon joueur qui réalise un très bon tournoi. Il n’était pas titulaire contre l’Argentine et a gagné sa place. Il a saisi une opportunité et aujourd’hui, c’est une arme redoutable pour la France. Il apparaît dans le classement des meilleurs marqueurs et ce n’est que justice car il joue très bien.
Le connaissiez-vous avant cette Coupe du monde ?
Oui. D’ailleurs, nous avions été opposés en 2005 (ndlr : lors d’un test-match). Je sais qu’il joue pour Toulouse avec Clément Poitrenaud et Cédric Heymans. On peut voir que ces trois-là s’entendent bien ensemble. Vincent Clerc pourrait rendre de grands services pour la France dans les prochaines années. C’est l’un des joueurs de ce tournoi.
Il y a quelques semaines, vous évoquiez dans nos colonnes penser à jouer en France un jour. Est-ce toujours d’actualité ?
Oui. Je vais passer encore un ou deux ans en Afrique du Sud mais j’aime la France, les Français, le pays… J’apprends le français et dans quelques années, je pense venir en France, plutôt dans le sud parce qu’il fait froid dans le nord (rires). Le sud ressemble plus à l’Afrique du Sud. Il a plusieurs facteurs qui me pousseraient là-bas, notamment les beaux stades.