ANGLETERRE / MARTIN JOHNSON :

« SURPRIS D’ÊTRE EN FINALE »

© panoramic ANGLETERRE / MARTIN JOHNSON : « Surpris d’être en finale »
Pierrick TAISNE
 
mercredi 17 octobre 2007 - 10h29
Champion du monde en 2003, Martin Johnson ne s’attendait pas à voir le XV de la Rose en finale de ce Mondial. L’ancien capitaine croit désormais en les chances de son équipe contre les Boks.  

Martin Johnson, qu’auriez-vous répondu si, il y a six mois, on vous avait dit que l’Angleterre serait en finale de la Coupe du monde ?
J’aurais été surpris parce que nous ne jouions pas assez bien. Je pense que nous avions le potentiel pour bien jouer, mais on ne le savait pas réellement parce que l’équipe a beaucoup changé et les joueurs n’ont pas pu beaucoup évoluer ensemble avant le tournoi. Désormais, nous avons en Andy Gomarsall un demi de mêlée qui joue parfaitement, Mike Catt est de retour au centre, Matthew Tait est à ses côtés… L’équipe a évolué depuis la phase de poule. Je suis surpris que nous soyons en finale, mais nous ne pouvions que mieux jouer après nos deux premiers matchs.

Les vainqueurs de 2003 ont-ils un impact sur les autres joueurs ?
Je ne sais pas réellement quelle est l’importance des joueurs ayant déjà gagné la Coupe du monde. Ce que je sais, c’est que Gomarsall est très performant. Est-ce parce qu’il a de l’expérience ou parce que c’est un bon joueur, c’est dur à dire. Je pense qu’avec Mike Catt, il est la clé de cette finale. Catt joue très bien malgré ses 36 ans. On pensait qu’il entrerait dans les dix ou douze dernières minutes, mais il est finalement très précieux pour l’équipe. L’expérience est importante, mais elle ne fait pas tout. Les joueurs doivent être bons sur le terrain.

Quel est le rôle joué par Brian Ashton ?
C’est l’entraîneur mais avec les mêmes joueurs et le même entraîneur, il nous est arrivé de très mal jouer. Ce qui est important, c’est que les mentalités aient changé, que les joueurs aient pu jouer ensemble.

Quelles ont été les clés de la victoire anglaise sur les Français ?
Jusqu’au dix dernières minutes, tout était vraiment serré. Mais quand vous avez quelqu’un comme Jonny Wilkinson, vous avez la chance de marquer à deux reprises en fin de match. L’équipe a su conserver ses chances, elle a parfaitement placé Jonny pour ses coups de pied. En fin de match, tout est souvent une question de chance. Je pense que la France aurait dû garder la main sur le match. J’ai le sentiment qu’ils ont arrêté de jouer à la mi-temps. Ils ont alors tapé au pied au lieu d’essayer d’aller à l’essai, balle en main.

« Ne pas laisser d’espaces »

Pensez-vous que la France ait perdu la rencontre plus que l’Angleterre se soit imposée ?
C’est peut-être le cas, mais il faut néanmoins trouver la manière de jouer pour gagner. S’ils avaient continué à jouer, les Français se seraient peut-être exposés à une interception. Qui sait ? Toujours est-il que, de mon point de vue, j’aurais essayé de continuer à jouer. Mais ce qui est arrivé est arrivé. Aujourd’hui, ils peuvent se dire qu’en ayant plus joué, ils se seraient peut-être imposés. Comme la Nouvelle-Zélande et l’Australie avant eux. C’est comme ça.

Pensez-vous que les phases de poule difficiles pour les Anglais et les Français soient un facteur expliquant les victoires contre l’Australie et la Nouvelle-Zélande ?
Oui car on a besoin de jouer. Et pas seulement vingt minutes pour gagner le match confortablement. Ces deux équipes ont gagné trop facilement leurs rencontres et c’est très important d’avoir une opposition.

Pensez-vous que les Anglais puissent être champions du monde ?
Oui, même si les Sud-Africains seront les favoris. Si les Anglais parviennent à prévenir les contre-attaques des Boks, ils ont leur chance. Il ne faut pas laisser d’espace à Habana et JP Pietersen. Il faudra toujours leur mettre la pression, que ce soit au tableau d’affichage ou sur le terrain. Il ne faut jamais les laisser tranquille. Que ce soit pour un essai ou une pénalité. Tout doit être fait pour leur rendre la tâche plus difficile.

On a le sentiment que les Anglais peuvent être mis en danger par le jeu au large des Sud-Africains. Plus que celui des Français…
Oui et non. Dimanche, il y a eu deux interceptions. C’est pourquoi, on ne doit pas faire la moindre erreur. Des garçons comme Rougerie, Heymans, Dominici pour la France ou Sackey et Robinson pour l’Angleterre, peuvent faire la différence. Mais il leur faut une opportunité.


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